Savoir-faire
Le temps long d'un tapis
Entre la toison d'un mouton du Moyen Atlas et le tapis posé dans votre salon, il y a des semaines de gestes patients, transmis de génération en génération. Voici comment naissent nos deux tapis.


01
La tonte
Tout commence au printemps, quand les troupeaux des hauts plateaux sont tondus à la main. La laine des moutons de l'Atlas est longue, dense et riche en lanoline : c'est elle qui donnera au Beni Ourain sa douceur et son gonflant.
Les toisons sont triées une à une. Les plus blanches et les plus longues sont gardées pour les tapis.

02
Lavage et cardage
La laine est lavée à l'eau claire, parfois à la rivière, puis séchée au soleil sur les toits. Elle est ensuite cardée : peignée entre deux planches hérissées de pointes jusqu'à ce que les fibres s'alignent et forment un nuage léger.

03
Le filage
Au fuseau, la tisserande étire et tord la laine pour en faire un fil. Un fil plus serré pour la chaîne, qui tiendra le tapis ; un fil plus souple pour les nœuds, qui feront sa surface.
Ce fil irrégulier, presque vivant, est la signature d'un tapis fait main.

04
Couleurs et matières
Le Beni Ourain garde la couleur naturelle de la laine : un blanc crème, à peine nuancé. Seules les lignes du motif sont tissées dans une laine plus sombre, brune ou anthracite.
Le Boucherouite, lui, se compose avec des tissus : de vieux vêtements et draps découpés en bandes, puis triés par couleur avant de rejoindre le métier.

05
Le nouage
Sur un grand métier vertical, la chaîne est tendue du haut vers le bas. Assise devant, la tisserande noue chaque brin autour de deux fils de chaîne, coupe, puis passe au suivant. Après chaque rang de nœuds, une trame est tassée au peigne pour serrer l'ensemble.
Le motif n'est jamais dessiné : il vient de la mémoire et de l'œil. C'est pourquoi deux tapis ne sont jamais identiques.

06
Les finitions
Une fois le tapis tombé du métier, les poils sont égalisés aux ciseaux, la surface est peignée, et les franges sont nouées pour empêcher les nœuds de se défaire.
Un dernier lavage, un séchage à plat au soleil : le tapis est prêt à voyager.
Boucherouite
La seconde vie des tissus
Le Boucherouite est né d'une nécessité : quand la laine est devenue rare et chère dans les campagnes, les femmes ont tissé avec ce qu'elles avaient. Vêtements usés, chutes, draps : tout devenait matière.
Ce geste de récupération a donné naissance à des tapis d'une liberté folle, où la couleur se compose au fil du tissage. Chaque Boucherouite est une pièce d'improvisation, et une petite histoire de la maison qui l'a vu naître.
Une question sur la fabrication ?
Matière, entretien, délais : nous vous répondons personnellement.
